Parce qu'hélas notre gouvernement a souvent agi avant de réfléchir, voici quelques remarques sur l'investissement que peut représenter l'instruction et la formation pour un État. Faire des économies ne doit pas en effet signifier qu'il faille scier la branche sur laquelle on est assis... Je laisse la parole à un rapport édifiant de l'OCDE:
« Il est maintenant prouvé que le capital humain est un facteur-clef de la croissance économique et de nouvelles données indiquent qu’il est aussi associé à toute une série d’avantages non-économiques comme l’amélioration de la santé et celle du bien-être. L’investissement dans le capital humain et l'implication dans l’éducation a ainsi pris le devant de la scène dans les stratégies visant à promouvoir la prospérité économique, un meilleur taux d’emploi et la cohésion sociale. En conséquence, on considère de plus en plus l’éducation comme un investissement dans l’avenir collectif des sociétés et des nations et non simplement dans la future réussite d’individus. »
ANALYSE DES INDICATEURS DE L’ÉDUCATION DANS LE MONDE ÉDITION 2002
INSTITUT DE STATISTIQUE DE L’UNESCO
ORGANISATION DE COOPÉRATION ET DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUES
PROGRAMME SUR LES INDICATEURS DE L’ÉDUCATION DANS LE MONDE
Ce que montre l'enquête de l'OCDE, c'est que l'on peut parler réellement d'une rentabilité de l'investissement dans l'éducation, une affirmation reprise par Angel Gurría, Secrétaire général de l'OCDE, lors du lancement de l’édition 2009 de Regards sur l’éducation:
Chaque année, Regards sur l’éducation fait le point de la situation des systèmes éducatifs et des progrès accomplis par les pays en vue d’améliorer les performances de ces systèmes.
[…] Au cours de leur vie active, les titulaires d’une licence de sexe masculin gagneront, en moyenne, 186 000 USD de plus que s’ils n’en possédaient pas. Cette « prime à l’éducation » dépasse même 300 000 USD dans des pays comme l’Italie ou les États-Unis.
Naturellement, il convient de rapporter ces gains supplémentaires au coût de l’éducation pour la société d’une part et pour les individus d’autre part, y compris le « coût d’opportunité », ou le manque à gagner pendant la période où les gens font leurs études. Mais même en prenant en compte ces éléments, le rendement net public de l’investissement dans les études supérieures s’établit, en moyenne, à 52 000 USD pour les hommes et 27 000 USD pour les femmes.
Vu la conjoncture économique, les facteurs incitant les gens à poursuivre leurs études vont vraisemblablement se renforcer dans les toutes prochaines années. Cela s’explique par le fait que les coûts d’opportunité de l’éducation diminuent à mesure que les difficultés pour trouver un emploi augmentent. C’est le manque à gagner pendant les études, et non les frais d’inscription, qui constitue généralement, pour les étudiants, l’élément de coût le plus important de tous. De surcroît, il leur est plus difficile d’entrer dans la vie active après l’obtention de leur diplôme dans un contexte de crise économique parce que les employeurs suppriment des emplois, et que les jeunes diplômés se trouvent en concurrence avec des travailleurs plus expérimentés.
En fait, la plupart des pays de l’OCDE ont enregistré une hausse brutale du chômage des jeunes. Dans certains d’entre eux, le taux de chômage des jeunes travailleurs est de 3 à 4 fois supérieur à la moyenne. Les jeunes entrant dans la vie active ont des difficultés croissantes à trouver un emploi, même lorsqu’ils ont atteint un niveau d’études élevé.
Sous les effets conjugués de ce phénomène et de la restriction des budgets, l’investissement public et privé dans l’éducation fait désormais l’objet d’un examen de plus en plus attentif. Cette attitude est à la fois inéluctable et saine. En effet, les pays de l’OCDE consacrent plus de 6 % de leur PIB à l’éducation. Environ un septième de l’ensemble des dépenses publiques est affecté à ce secteur. Le maintien d’un tel niveau de dépenses passera nécessairement par la démonstration de l’efficacité de l’utilisation des fonds affectés aux systèmes éducatifs. Il conviendra également de démontrer que les coûts de l’éducation sont à la hauteur de ses avantages tant pour l’État que pour les individus.
